Santé Menstruelle au Sénégal : Briser les Tabous Pour Mieux Vivre
En wolof, on dit « sama ñaari bés » — mes deux jours. En réalité, ça dure 3 à 7 jours, ça revient chaque mois, et ça concerne la moitié de la population pendant 30 à 40 ans de sa vie. Pourtant, au Sénégal, les règles restent un sujet dont on ne parle quasiment pas. Pas à la maison, pas à l'école, pas en public.
Le silence a un coût. Des filles qui manquent l'école chaque mois. Des femmes qui utilisent des chiffons inadaptés faute de pouvoir acheter des protections. Des adolescentes qui ne comprennent pas ce qui arrive à leur corps. Des douleurs qu'on subit en silence parce que « c'est normal ». Des infections qu'on aurait pu éviter avec de l'information.
Ce guide est une conversation que beaucoup de mères n'ont jamais eue avec leurs filles, que beaucoup de professeurs n'abordent jamais en classe et que beaucoup de femmes n'ont jamais pu avoir avec personne. C'est un guide pratique, clair et sans honte — parce que la honte n'a jamais protégé personne d'une infection, et le silence n'a jamais soulagé une douleur.
Comprendre ton cycle : ce qui se passe dans ton corps chaque mois
Le cycle menstruel n'est pas une maladie. C'est un processus biologique normal qui prépare le corps à une éventuelle grossesse, chaque mois. Le comprendre, c'est reprendre le contrôle sur ton propre corps.
Les quatre phases du cycle
Phase 1 — Les règles (jours 1 à 5 environ). L'utérus se débarrasse de la muqueuse (endomètre) qu'il avait construite le mois précédent pour accueillir un éventuel embryon. Pas de grossesse ce mois-ci ? L'endomètre n'est plus utile, il s'évacue avec du sang. C'est ça, les règles. Le sang menstruel n'est pas « sale » — c'est du sang mélangé à du tissu utérin et du mucus. C'est aussi naturel que la salive ou les larmes.
Phase 2 — La phase folliculaire (jours 1 à 13 environ). Pendant et après les règles, les ovaires préparent un nouvel ovule. Les niveaux d'œstrogènes augmentent. L'endomètre commence à se reconstruire. L'énergie remonte progressivement.
Phase 3 — L'ovulation (jour 14 environ). Un ovule est libéré par un ovaire et descend dans les trompes de Fallope. C'est la période de fertilité maximale — la fenêtre où une grossesse est possible. L'ovulation dure environ 24 heures, mais les spermatozoïdes peuvent survivre 3 à 5 jours dans l'utérus, donc la fenêtre de fertilité s'étend sur environ 6 jours.
Phase 4 — La phase lutéale (jours 15 à 28 environ). Le corps se prépare à une éventuelle implantation. Les niveaux de progestérone augmentent. Si l'ovule n'est pas fécondé, les hormones chutent et le cycle recommence avec les règles.
Ce qui est normal
Un cycle dure entre 21 et 35 jours — pas forcément 28 jours pile. Les règles durent entre 3 et 7 jours. La perte de sang totale est d'environ 30 à 80 ml par cycle (l'équivalent de 2 à 5 cuillères à soupe). Le cycle peut être irrégulier les premières années après les premières règles (ménarche), pendant l'allaitement et en période de stress intense.
Ce qui mérite une consultation
Des règles qui durent plus de 7 jours, des saignements très abondants (tu changes de protection toutes les heures ou moins), des douleurs si intenses qu'elles t'empêchent de te lever ou de travailler, l'absence de règles pendant plus de 3 mois consécutifs (en dehors d'une grossesse), des saignements entre les règles ou après un rapport sexuel. Ces signes peuvent indiquer des fibromes, de l'endométriose, un déséquilibre hormonal ou d'autres conditions qui se traitent — à condition de consulter.
La réalité de la précarité menstruelle au Sénégal
Les chiffres qui parlent
La précarité menstruelle n'est pas un concept abstrait au Sénégal — c'est une réalité quotidienne pour des millions de femmes et de filles.
Selon les données disponibles, environ 56% des filles sénégalaises manquent l'école pendant leurs règles. C'est 3 à 5 jours d'école perdus chaque mois — soit jusqu'à 50 jours par année scolaire. L'impact sur les résultats, la confiance en soi et les chances de poursuivre des études est dévastateur.
À Kédougou, dans le sud-est du Sénégal, plus de la moitié des femmes utilisent du tissu comme protection hygiénique faute de pouvoir acheter des serviettes jetables. Près d'un quart de ces femmes déclarent avoir eu des infections liées à l'utilisation de protections inadaptées.
En Afrique subsaharienne dans son ensemble, une fille sur dix manque l'école pendant ses règles, selon l'UNESCO. Près de 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté — et quand il faut choisir entre manger et acheter des serviettes, le choix est vite fait.
Pourquoi les protections coûtent si cher
Un paquet de serviettes hygiéniques jetables coûte entre 500 et 1 500 FCFA au Sénégal selon la marque et le lieu d'achat. Pour un cycle, il faut compter 2 à 3 paquets, soit 1 000 à 4 500 FCFA par mois. Sur un an, cela représente 12 000 à 54 000 FCFA — uniquement pour les serviettes, sans compter les antidouleurs, le savon et les sous-vêtements supplémentaires.
Pour une famille avec un revenu modeste, ce montant est significatif — surtout quand il y a plusieurs filles à la maison. Le résultat : des chiffons, du papier journal, du coton non traité, des morceaux de mousse, voire du sable dans certaines zones rurales — des alternatives qui exposent à des infections vaginales, des irritations et des maladies.
Les protections hygiéniques ne sont pas fabriquées localement en grande quantité au Sénégal — la plupart sont importées, ce qui augmente leur prix. Et il n'y a pas de politique nationale de détaxation ou de gratuité des protections menstruelles, contrairement à des pays comme l'Écosse, la France ou le Kenya.
Les tabous culturels : ce qu'on ne dit pas (mais qu'il faut dire)
« C'est sale »
Non. Le sang menstruel n'est pas sale. C'est du sang utérin — le même tissu biologique qui nourrit un fœtus pendant la grossesse. Il n'est ni toxique ni impur. L'hygiène est importante (comme pour toute fonction corporelle), mais le sang des règles n'est pas fondamentalement différent du sang qui coule d'une coupure au doigt.
« Il ne faut pas en parler »
Le silence autour des règles n'est pas une forme de pudeur — c'est une forme de négligence. Quand une adolescente de 12 ans a ses premières règles sans comprendre ce qui lui arrive, quand elle croit qu'elle est malade ou qu'elle a fait quelque chose de mal, quand elle n'ose pas demander une protection parce qu'elle a honte — le silence lui fait du tort. Parler des règles, c'est de l'éducation à la santé. Rien de plus, rien de moins.
« Pendant les règles, il ne faut pas... »
Cuisiner, toucher certains aliments, prier, aller au marché, dormir dans le même lit que son mari, se laver les cheveux... Les interdits liés aux règles varient d'une communauté à l'autre, mais ils existent partout. Ces croyances, transmises de génération en génération, ne reposent sur aucune base médicale. Une femme qui a ses règles peut faire exactement les mêmes choses qu'une femme qui n'a pas ses règles — à condition d'avoir les protections hygiéniques nécessaires et de gérer les éventuelles douleurs.
« Les règles, c'est une affaire de femmes »
Les pères, les frères, les maris et les fils sont aussi concernés. Un père qui comprend les règles peut acheter des serviettes pour sa fille sans malaise. Un mari qui comprend la dysménorrhée peut soutenir sa femme au lieu de minimiser sa douleur. Un frère qui comprend peut arrêter de se moquer. L'éducation menstruelle n'est pas exclusive aux femmes — elle bénéficie à toute la famille.
Les protections hygiéniques : toutes les options disponibles
Les serviettes hygiéniques jetables
C'est la protection la plus courante au Sénégal. Elles se fixent sur le sous-vêtement et absorbent le flux. Disponibles en différentes tailles (jour, nuit, flux léger, flux abondant).
Avantages : faciles d'utilisation, disponibles en boutique et en pharmacie, pas besoin de lavage.
Inconvénients : coût récurrent (1 000 à 4 500 FCFA/mois), génèrent des déchets (une femme utilise environ 10 000 à 15 000 serviettes dans sa vie), peuvent contenir des produits chimiques (parfums, blanchiment au chlore), ne pas garder plus de 4 à 6 heures pour éviter les irritations et les odeurs.
Prix au Sénégal : 500 à 1 500 FCFA le paquet selon la marque (Always, Kotex, marques locales).
Les serviettes hygiéniques réutilisables
Une alternative économique et écologique qui gagne du terrain au Sénégal grâce à des initiatives comme ApiAfrique, une entreprise sénégalaise qui fabrique des serviettes réutilisables en coton bio et en wax à Dakar depuis 2016.
Comment ça marche : ce sont des serviettes en tissu absorbant avec une couche imperméable. Après utilisation, tu les rinces à l'eau froide, tu les laves au savon (de Marseille ou similaire), tu les fais sécher au soleil et tu les réutilises. Une serviette réutilisable dure 2 ans avec un bon entretien.
Avantages : économie massive sur la durée (un kit coûte l'équivalent de quelques mois de serviettes jetables mais dure 2 ans), pas de produits chimiques, respectueux de l'environnement, confortables (coton contre la peau), production locale au Sénégal (emploi, économie circulaire).
Inconvénients : nécessitent un accès à l'eau pour le lavage, demandent un séchage au soleil (ce qui peut poser un problème de discrétion dans certains contextes), investissement initial plus élevé.
Prix au Sénégal : un kit de démarrage ApiAfrique (4 à 5 serviettes) coûte environ 8 000 à 12 000 FCFA — soit l'équivalent de 3 à 4 mois de serviettes jetables, pour une durée de vie de 2 ans.
Les culottes menstruelles
Des sous-vêtements avec une zone absorbante intégrée. Tu les portes comme une culotte normale — pas besoin de serviette en plus. Après utilisation, rinçage à l'eau froide puis lavage en machine ou à la main.
Avantages : très confortables, aucune sensation de « port de protection », réutilisables pendant 2 à 3 ans, idéales pour les nuits.
Inconvénients : encore peu disponibles au Sénégal (surtout en ligne), investissement initial élevé (5 000 à 15 000 FCFA par culotte, il en faut 3 à 5 pour un cycle), nécessitent un lavage soigneux.
Les tampons
Petits cylindres absorbants insérés dans le vagin. Très courants en Europe et en Amérique, beaucoup moins utilisés au Sénégal en raison des tabous autour de l'insertion vaginale et des craintes liées à la virginité.
Clarification importante : utiliser un tampon ne fait pas perdre la virginité. L'hymen est une membrane souple et flexible — pas un « sceau ». L'insertion d'un tampon ne le « brise » pas de manière significative.
Avantages : discrets, permettent de nager, pas de sensation d'humidité, pratiques pour le sport.
Inconvénients : ne pas garder plus de 4 à 6 heures (risque de syndrome du choc toxique, une infection rare mais grave), pas toujours disponibles au Sénégal en dehors des pharmacies urbaines, nécessitent un apprentissage de l'insertion.
La coupe menstruelle (cup)
Un petit récipient en silicone médical en forme de cloche, inséré dans le vagin pour collecter le sang (au lieu de l'absorber). Se vide toutes les 8 à 12 heures, se rince et se réinsère. Une seule cup dure 5 à 10 ans.
Avantages : économie extrême (un seul achat pour 5 à 10 ans), aucun déchet, peut être portée 12 heures d'affilée (idéal pour les longues journées), aucun produit chimique en contact avec le corps, pas d'odeur (le sang n'est pas exposé à l'air).
Inconvénients : courbe d'apprentissage pour l'insertion et le retrait, nécessite un accès à l'eau propre pour le nettoyage, nécessite une stérilisation entre chaque cycle (5 minutes dans l'eau bouillante), les mêmes réticences culturelles que pour les tampons au Sénégal, peu disponible localement (achat en ligne principalement).
Prix : 5 000 à 15 000 FCFA pour une cup qui dure 5 à 10 ans. C'est de loin l'option la plus économique à long terme.
Gérer les douleurs menstruelles
Ce qui est « normal » et ce qui ne l'est pas
Des crampes légères à modérées pendant les 1 à 2 premiers jours des règles sont normales. Elles sont causées par les contractions de l'utérus pour expulser l'endomètre — les prostaglandines (des hormones locales) déclenchent ces contractions.
Ce qui n'est pas normal : des douleurs si fortes que tu ne peux pas te lever, aller à l'école ou travailler ; des douleurs qui s'aggravent au fil des mois au lieu de rester stables ; des douleurs qui ne répondent pas aux antidouleurs classiques ; des douleurs pendant les rapports sexuels. Ces symptômes peuvent indiquer une endométriose (une maladie où le tissu utérin se développe hors de l'utérus), des fibromes (tumeurs bénignes de l'utérus, très courantes chez les femmes noires) ou d'autres conditions gynécologiques qui se traitent. Consulte un médecin ou une sage-femme.
Les solutions qui fonctionnent
Les antidouleurs. L'ibuprofène (Advil, Nurofen, génériques) est le plus efficace contre les douleurs menstruelles car il agit directement sur les prostaglandines responsables des crampes. Prends-le dès le début de la douleur, pas quand elle est déjà insupportable. Le paracétamol (Doliprane, Efferalgan) fonctionne aussi mais est moins efficace contre les crampes spécifiquement. Disponibles en pharmacie au Sénégal sans ordonnance, à partir de 500 à 1 500 FCFA.
La chaleur. Une bouillotte chaude ou une bouteille d'eau chaude sur le bas-ventre détend les muscles utérins et soulage les crampes. C'est gratuit, sans effets secondaires et étonnamment efficace. En l'absence de bouillotte, remplis une bouteille d'eau chaude et enveloppe-la dans un tissu.
L'activité physique douce. Ça semble contre-intuitif, mais bouger aide. La marche, le yoga ou les étirements augmentent la circulation sanguine et libèrent des endorphines (des antidouleurs naturels). Tu n'as pas besoin de courir un marathon — 15 minutes de marche suffisent pour sentir une différence.
L'hydratation. Bois plus d'eau pendant tes règles. La déshydratation amplifie les crampes et les ballonnements. Réduis le sel, le café et les boissons sucrées pendant les premiers jours.
Les infusions. La tisane de gingembre (ginger tea) a des propriétés anti-inflammatoires documentées et peut réduire l'intensité des crampes. Le thym et la camomille sont aussi apaisants. Disponibles sur tous les marchés du Sénégal.
L'hygiène menstruelle : les bonnes pratiques
Change ta protection régulièrement. Toutes les 4 à 6 heures pour les serviettes et les tampons. Ne jamais garder un tampon plus de 8 heures. Pour la cup, tu peux aller jusqu'à 12 heures.
Lave-toi normalement. Contrairement à la croyance populaire, tu peux et tu dois te laver pendant tes règles. Lave la zone intime à l'eau tiède et, si tu utilises un savon, choisis un savon doux sans parfum. Évite les gels douche agressifs et les parfums intimes — ils déséquilibrent la flore vaginale et favorisent les infections.
Sèche-toi correctement. L'humidité prolongée favorise les mycoses. Sèche bien la zone intime après la douche et change de sous-vêtements si nécessaire.
Ne mets rien à l'intérieur du vagin pour « nettoyer ». Pas de douche vaginale, pas de savon à l'intérieur, pas de produits « déodorants intimes ». Le vagin est autonettoyant — il a sa propre flore bactérienne qui maintient un pH acide protecteur. Les douches vaginales détruisent cette flore et augmentent le risque d'infections.
Lave les serviettes réutilisables correctement. Rince d'abord à l'eau froide (l'eau chaude fixe le sang), frotte au savon de Marseille, rince abondamment et fais sécher au soleil (les UV ont un effet antibactérien). Ne les laisse pas sécher à l'ombre dans un endroit humide.
Parler des règles : comment aborder le sujet
Avec ta fille
Idéalement, parle des règles avant qu'elles n'arrivent — vers 9 à 10 ans. Explique simplement ce qui va se passer, que c'est normal, que ça arrive à toutes les femmes. Montre-lui les protections disponibles et comment les utiliser. Si ses premières règles arrivent avant la conversation, pas de panique — il n'est jamais trop tard. L'important est de ne pas réagir par la gêne ou l'affolement, mais par le calme et l'information.
Avec les garçons
Les garçons aussi doivent comprendre les règles — pas dans les détails biologiques les plus fins, mais suffisamment pour savoir que c'est normal, que ce n'est pas sale et que se moquer d'une camarade qui a ses règles est inacceptable. Un garçon informé deviendra un homme qui soutient, pas un homme qui stigmatise.
À l'école
L'éducation à la santé menstruelle devrait faire partie du programme scolaire. Au Sénégal, quand le sujet est abordé en classe, il se limite souvent aux aspects biologiques (schéma de l'appareil reproducteur) sans aborder les aspects pratiques (quelles protections utiliser, comment gérer la douleur, quand consulter). Des organisations comme ENDA Santé et World Vision travaillent à combler ce manque dans certaines régions, mais le chemin est encore long.
Les ressources au Sénégal
Structures de santé : les centres de santé publics, les postes de santé de proximité et les hôpitaux régionaux offrent des consultations gynécologiques. Le centre de santé Philippe Maguilène Senghor à Dakar, l'Hôpital Aristide Le Dantec et le Centre Hospitalier de Pikine sont accessibles.
ApiAfrique (apiafrique.com) : serviettes réutilisables fabriquées au Sénégal, en coton bio et wax. Atelier basé à Dakar. Disponibles en ligne et dans certains points de vente à Dakar.
ENDA Santé (enda-sante.org) : programmes de sensibilisation à l'hygiène menstruelle dans les communes de Mbour et Sédhiou, distribution de kits hygiéniques aux adolescentes.
Pharmacies : serviettes jetables (Always, Kotex), antidouleurs (ibuprofène, paracétamol), et conseils de base disponibles dans toutes les pharmacies du Sénégal.
Sage-femmes : les sage-femmes sont des professionnelles de santé formées en santé reproductive. Elles peuvent répondre à tes questions sur le cycle, les douleurs et les protections. Chaque poste de santé au Sénégal en a au moins une.
Foire aux questions
Les premières règles arrivent à quel âge ?
Généralement entre 10 et 16 ans, avec une moyenne autour de 12-13 ans. Chaque corps a son propre rythme. Si les règles ne sont pas arrivées à 16 ans, une consultation est recommandée.
Est-ce que les règles font vraiment mal à tout le monde ?
Non. Environ 20 à 30% des femmes ont des douleurs significatives (dysménorrhée). Beaucoup de femmes ont des crampes légères et gérables. Et certaines femmes n'ont aucune douleur. Si tes douleurs sont invalidantes, consulte — ce n'est pas une fatalité.
Peut-on tomber enceinte pendant les règles ?
C'est rare mais possible, surtout si ton cycle est court (moins de 24 jours). Les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu'à 5 jours dans l'utérus — si ton ovulation arrive tôt dans le cycle, la fenêtre de fertilité peut chevaucher la fin des règles.
Les serviettes réutilisables sont-elles hygiéniques ?
Oui, à condition de les laver correctement (rinçage à l'eau froide, savon, séchage au soleil). Les serviettes réutilisables en coton bio sont aussi sûres — voire plus sûres — que les serviettes jetables qui contiennent souvent des résidus chimiques.
Peut-on faire le sport pendant les règles ?
Absolument. L'activité physique ne cause aucun dommage pendant les règles et peut même réduire les crampes. Adapte l'intensité à ton confort, mais ne t'abstiens pas de bouger.
Les règles sont-elles contagieuses ?
Non. Les menstruations ne sont ni contagieuses ni transmissibles. C'est un processus biologique interne — comme la digestion ou le battement du cœur. Toucher une femme qui a ses règles ne transmet rien.
Le mot de la fin
Les règles ne sont ni une malédiction, ni une maladie, ni une honte. C'est un processus biologique normal qui concerne la moitié de l'humanité. Le tabou qui les entoure au Sénégal et ailleurs en Afrique n'est pas une tradition à préserver — c'est un obstacle à la santé, à l'éducation et à la dignité des femmes et des filles.
Chaque fille qui manque l'école parce qu'elle n'a pas de serviette, chaque femme qui souffre en silence parce qu'on lui a dit que c'est « normal », chaque adolescente qui a honte de son propre corps — c'est une conséquence directe du silence.
Ce guide n'a pas de prétention révolutionnaire. Il dit simplement ce que chaque femme devrait savoir sur son propre corps, ce que chaque fille devrait entendre avant ses premières règles et ce que chaque homme devrait comprendre pour soutenir les femmes de sa vie.
Parle de ce sujet. Partage ce guide. Et si tu es mère, sois la première à briser le silence avec ta fille — elle mérite de comprendre son corps avant que la confusion et la honte ne s'installent.
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Comments (2)
Modou
il y a 1 jour
Très intéressant
Md Shariful Islam
il y a 1 jour
Un article courageux et nécessaire. Enfin un guide clair sur un sujet dont on ne parle jamais assez. Merci de briser ce silence !